Publié par : MarieMag | 16 mars 2012

Un peu de mathématiques canadiennes

Une chose dont je ne t’ai pas encore parlé, humble lecteur, c’est d’argent. Ouuh le mot tabou pas beau que les Français n’aiment pas prononcer. Au moins, les Canadiens ne se dramatisent pas avec des simulacres de sentiments délicats et pudiques que le Gaulois s’amuse à cultiver.

Mettre la main au porte monnaie prend une place prépondérante dans toutes les vies (exception faite de celles des bonnes sœurs, ermites et autres artistes révolutionnaires). C’est un fait logique qu’on ne peut décemment réfuter. Pourtant, après avoir vécu cinq années à Paris, je n’ai jamais eu la sensation de dépenser autant que maintenant, à Montréal. La ville n’est pourtant pas réputée pour son coût excessif. N’empêche.

Mes journées me semblent ponctuées d’ascenseurs émotionnels désagréables. Au Canada, tout se paie et les prix affichés ne sont jamais les bons. La faute à la culture capitaliste américaine, îlot d’honnêteté perdu dans l’hypocrisie d’un monde moribond (je me marre). Heureusement que la conversion en euros change un brin la donne.

Bref, ici, mon vieux cauchemar de lycéenne renaît de ses cendres, celui où des mathématiques à la con agrémentent mes journées. Acheter des chaussures, c’est rajouter les taxes à la fin. Idem pour la quasi-totalité de la consommation quotidienne. Boire un verre signifie rajouter les taxes + le tip du serveur, lequel qui, sans ce dernier, se verra contraint de monnayer une rançon contre la libération du radin en pourboire. Après un mois d’exil, la formule du rêve américain se déduit naturellement : Ad*=x+15%

J’en arrive même à inventer des jeux, à tester ma propre jugeote. Mes courses au supermarché se résument à éviter la torture visuelle du rayon fromage (incroyablement onéreux), slalomer entre la malbouffe et les OGM pour enfin réussir à remplir la sainte-chariote au rapport qualité-prix acceptable. Et puis, direction la caisse pour le big Boss. L’instant fatidique pour dégainer mon arme ultime, une carte de débit hautement limitée qui, même quand elle paie le total de mes achats (A), me fait raquer en frais de banque. 90 $ de courses plus tard, je peux enfin être fière de moi. Ou pas. Les produits alimentaires de première nécessité n’étant pas taxés (enfin une loi sensée dans cet univers impitoyable), mon ticket de caisse reflétera deux choses: ma capacité à évaluer mes besoins ET ma potentielle prise de poids future car produits taxés (Pt)=produits raffinés (Pr) DONC pas trop bons pour la santé.
Sans oublier l’évaluation systématique du degré de détresse mentale (dM) à l’intant t: dM(t)/10=(Pr x 100)/A. Je te sens circonspect. Alors regarde, exemple, j’ai acheté 60 trucs type confort food sur un total de 75 pièces. Sur une échelle de 1 à 10, je suis à 8 niveau dépression. CQFD.

PS: Sois, sympa, ne montre pas ça à un prof, il risque d’envoyer le démon Mathématicus sur ma pomme.

*American Dream

Publicités

Responses

  1. C’est magnifique, tu as résumé mes dilemmes et mon énervement perpétuelle quand je fais les courses ici en quelques phrases! Bravo, j’applaudis!

  2. bonjour ma Chérie
    eh ben voilà!!!
    BON ANNIVERSAIRE? plein de gros bisous souffle bien tes 27 bougies et mange un GROS bout de gateau pour nous!!
    tu nous manques beaucoup fais nous part de tes impressions de Frenchie
    JE T’AIME
    Ta TATIE qui pense chaque jour à toi


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :