Publié par : MarieMag | 1 octobre 2012

Critique : Muse, « The 2nd Law » a du coeur

Enfin, après des mois d’attente, The 2nd law, sacro-saint sixième album du trio rock anglais le plus célèbre de sa génération nous fait l’immense honneur de se révéler. Notre patience, mise à rude épreuve par les extraits diffusés ça et là durant l’année, se voit finalement récompensée.

2nde 14, 2001. Blonde adepte de décolletés plongeants et vulgaires compensées vernies, je tombe amoureuse de mon jeune et ténébreux prof d’anglais. Drôle et pédagogue, cet énergumène sorti de nulle part nous apprend la langue de Shakespeare en musique. Et quelle musique ! Radiohead tout d’abord, à travers le plus mythique de tous leurs albums, OK Computer. Et puis arrive un deuxième ovni, une chanson absolument détonante et explosive. Telle une vague de lave en fusion, New Born m’engloutit toute entière. Origin Of Symmetry me happe, Muse me harponne. Du haut de mes 15 balais, c’est comme si mes oreilles, avides de Mozart (!), James Horner, John Williams et Queen avaient trouvé leur maître.

Alors, forcément, je me devais d’attendre de pied ferme la dernière folie de mon groupe adoré. La bande annonce sortie avant les JO m’avait pourtant un brin déconcertée, voire inquiétée. Le militantisme anticapitaliste qui en dégouline frôle la caricature. Ne serait-il pas un peu trop mode à mon goût ce nouvel opus ? Que nenni. Voix suave et sensuelle de Matthew Bellamy, rythmes ésotériques et musicalité ambivalente, ce sont bien eux. On ne peut passer ni à coté de la culture classique de Bellamy, ni de son besoin intempestif de mélanger les styles.

Si Survival demeure finalement la chanson la plus commerciale de la compilation, son statut d’hymne officiel des Jeux Olympiques de Londres l’excuse (ouf!), 2nd law se lance dans de nouvelles découvertes, conservant pourtant intacte l’âme indicible du groupe. Muse remercie la génération années 80 qui a portée ses membres jusqu’au sommet de la gloire. Le Dubstep prend le pas sur les solos de guitare, délaissant l’influence des élans lyriques au profit de celle d’une nouvelle musique de film promue par Hans Zimmer, John Williams & co (Unsustainable et Isolated System). Les thèmes usuels, déclin de notre société ingrate qui dilapide les richesses et univers voué au chaos en tête, mènent une danse électronique bien rodée et parfaitement exécutée par de vrais instruments.
Et puis, un peu comme pour partager ses nouvelles joies (sa récente paternité, son bonheur conjugal avec Kate Hudson), Bellamy offre quelques ballades, tranquilles berceuses (Explorers) menées crescendo par les battements du cœur de son nouveau-né (Follow me).

Certains morceaux s’éloignent ostensiblement du fil rouge que l’on connaît si bien. Save me et Liquid State désarçonnent totalement un auditoire averti. Et pour cause, les deux titres sont composés et interprétés par Christopher Wolstenholme, bassiste du groupe, et traitent de son grave problème d’alcoolisme, récemment vaincu. Une première pour Matt Bellamy, leader,  plume et voix experte de Muse depuis 12 ans.

Bilan : Assurément, le groupe british ne tremble pas encore d’être englouti par un succès trop souvent fatal pour l’originalité. Trois ans après The Resistance, œuvre musicale ambiguë, modérée et provocatrice de scissions au sein des rangs fanatiques, Muse revient avec du rock en poche, un rock bruyant et désinvolte, raffiné et contrôlé, représentatif d’un Band ardent défenseur d’une musique hommage et singulière. Un son en phase avec leur identité, idéal pour l’acoustique des stades bondés que le groupe embrase avec sensation.

M.P

N.B: Initialement prévu pour décrypter mes déboires au Canada, ce site est en pleine restructuration 🙂 Suspens !

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