Publié par : MarieMag | 7 mars 2012

Une journée particulière

Deux semaines que j’ai débarqué dans la Belle Province et je crois être en mesure de dire que mes premières impressions sont excellentes. Rythmée par un hiver furtif et versatile (merci le réchauffement climatique), la vie ici ne semble pas tout à fait figée dans la glace. De toute façon, l’hibernation n’est pas une option. Tempêtes de neige et températures polaires n’excusent aucune absence, ce sont des normales de saisons. Suffit de respecter les quelques règles que ta jugeote chuchote, accumuler les couches, s’hydrater plus que de raison et manger beaucoup et GRAS (pas vraiment la période pour un régime soupe au chou), entre autres.

Sans plus attendre, je m’en vais te conter une journée que seule l’hivernale Montréal peut t’apporter sur un plateau givré.

– Marie fait son marché à Jean Talon : ici, les marchés couverts ont la côte. En même temps, vous conviendrez que ce n’est pas easy easy de faire pousser des légumes par -30 (température que je n’ai pas côtoyée pour l’heure). Les canadiens ont donc trouvé une solution de substitution, celle mettant en scène de mastocs hangars regorgeant de produits sortis de carrés de terre sous serre, de moult fruits et autres mets issus de l’agriculture, biologique ou pas. Les fleurs côtoient les courgettes et les oignons attendent en rang que quelqu’un les pioche. Et ces étals de s’accommoder en outre de délicates attentions telles que le miel et le très fameux sirop d’érable. Le glaçage sur le cheesecake aurait été que toutes ces fraiches cargaisons de tomates, prunes et autres gourmandises soient aussi bonnes que belles. Mais force est de constater que l’agriculture française possède la recette pour cultiver secrètement nectar et ambroisie…

Marie déjeune au Bagel Saint Viateur café : après cette mise en bouche quelque peu décevante, place à la vraie, la presque unique spécialité montréalaise, j’ai nommé le sacro-saint bagel. Comment comprendre qu’un simple rouleau en forme d’anneau puisse créer un tel engouement ? En allant chez un spécialiste, pardi. Et sur Montréal, faut choisir ton camp, St Viateur ou Fairmont Bagel, les deux plus anciennes fabriques du petit pain bouilli doré au four. Après, ne reste qu’à déguster ce dernier et, car tu fais les choses convenablement, à y mettre une ribambelle de choses dedans. Mon cœur a finalement balancé vers le Wow !, bagel garni de poivrons épicés, chèvre frais, salade et tomates séchées. Inutile de te dire qu’un bon vieux « pu*ain ça arrache » m’a échappé toutes les 15 secondes. Mais Dieu que c’était bon.

– Marie fait du patin à glace au soleil couchant sur le lac aux castors : oui oui lac aux Castors (ou marmottes si comme moi tu les confonds inopinément, ne me demandez pas pourquoi). Comme je le disais récemment, Montréal recèle en son sein une VERITABLE montagne (avec des arbres, des animaux et tout et tout). Et parce que les montréalais sont sacrément intelligents, ils ont décidé de vider un grand étang pour le remplir petit à petit. Résultat, voilà son contenu totalement gelé, annonçant de fait folles glissades et jolies galéjades. Bon t’es pas totalement rassuré, surtout quand cric sous ta lame, le glaçon craque. Mais bon, ce sont les joies du sport, Igor.

– Marie assiste à un match de Hockey universitaire : le clou de la journée, le match de Hockey. Qu’on se le dise, il est tout aussi difficile qu’onéreux d’avoir des places pour la saison de Hockey sur glace. Sport de prédilection lorsque le pays revêt son manteau de neige (je fais aussi de la poésie), l’activité préférée des patineurs forts de leur insolente jeunesse envoie du lourd. D’une parce que, niveau baston, c’est mieux que le rugby. De deux parce que tu restes constamment concentré sur le match tant pour son indicible attrait que pour ta crainte de te prendre ce fondu de palet dans les gencives. Résultat final, les Patriotes de l’UQTR se sont inclinés 5-3 devant les Redmen de McGill, soit une victoire à domicile. C’est décidé, exit le bucheron, je veux un joueur de Hockey.

Publié par : MarieMag | 6 mars 2012

Montréal By Night

Une chose qu’on apprend rapidement ici, c’est à quel point la nuit peut prendre des aspects différents selon les cultures et l’endroit où on se trouve. Trois fois plus peuplée que Québec, capitale de la province du même nom, et deuxième ville francophone au monde après Paris, Montréal ne peut pour autant s’élever au rang de notre bonne vieille fétarde de capitale ou du moins part se pieuter bien avant. Difficile de trouver un endroit ouvert après 3h du mat’, la consommation étant interdite dans les bars au delà de cette heure. Et la quête d’un point de vente après 23h serait bien vaine, ce serait prendre froid pour du jus de raisin.

Saperlipopette t’entends-je déjà t’écrier devant ton écran d’argent, mais quel est donc ce monde à la prohibition faussement dissimulée ? Pas de panique, tu te doutes bien qu’une agglomération de 4 millions d’habitants, dont 44% a moins de 35 ans, saura trouver un moyen de festoyer comme il se doit, hiver comme été. Question ambiance, monsieur et madame donneront autant que faire se peut jusqu’au bout de leur courte nuit. Les filles sortent leurs jupes les plus courtes et leurs top les plus tepu tandis que les 2% de québecois dragueurs s’agglutinent en discothèque, à la recherche d’une jolie blonde à qui offrir une bonne grosse dose d’éthanol désinhibante.

Qu’on se le dise, les apparences ne sont pas en faveur d’un festoiement constant et intempestif, mais je gage ma bonne foi en disant ceci : la fiesta à la canadienne, c’est pas pour les fillettes. Et puis, Montréal étant une ville sans complexe, on peut y boire pour pas trop cher si on fait le choix de ne pas fanfaronner, ses billets verts en queue de paon. Enfin, il y a toujours moyen de découvrir de nouveaux endroits car les réputations s’éteignent aussi vite qu’elles apparaissent. D’ailleurs puisqu’on y est, voici quelques places sympas déjà ou bientôt testées par votre honnête et dévouée baroudeuse écrivaine :

Le Rouge, 7 rue Prince Arthur Ouest, branchouille, un brin onéreux mais sympa. Idéal pour écouter du David Guetta.

2Pierrots, 104 rue saint Paul Est, une boite à chanson de la fin de semaine. Ambiance ultra-québécoise, délurée comme il faut, juste ce qu’il faut.

L’Avenue du Plateau, 922 avenue du Mont-Royal Est. Plus un resto qu’un lieu de débauche, mais franchement inratable pour sa folie artistico-révolutionnaire. A voir rien que pour leurs WC décorés au fluo !

Les endroits que je n’ai pas encore fait mais paraît que…

– c’est ouvert 24/24 et ça sent la Poutine (si tu sais pas ce que c’est, tu l’apprendra bien assez tôt) à toutes les modes: La Banquise, 994, Rachel Est

– c’est l’after (jusqu’à 6h) à la réputation badante : Circus, 917 rue Ste Catherine Est. Mal vu par beaucoup pour la simple et bonne raison que les derniers fêtards sont les premiers saouls. Et que quand il n’y a plus à boire, y a toujours à sniffer/avaler/manger/piquer. Je dis ça, je dis rien.

– le lieu n’a rien à voir avec l’intitulé: Les Foufounes électriques, 87 rue Ste Catherine Est. Franchement, rien que le nom donne envie d’être curieux.

Publié par : MarieMag | 2 mars 2012

10 choses que vous ne savez (sûrement) pas sur Montréal

Parce que je dis NON à l’ignorance et que je suis d’humeur à vous permettre de briller en société soporifique, établissons noir sur blanc 10 infos incontournables sur Montréal. Quelques petites choses simples à retenir car quelconques mais somme toute responsables de l’ambiance un brin délirante de cette cité à la fausse-modestie révoltante. Gardez tout c’est cadeau.

  1. Montréal est… une île. Ou plutôt situé sur l’île de Montréal. Avouez que vous ne l’avez pas vu venir celle là.
  2.  La ville est divisée en deux par le boulevard Saint Laurent, délimitation certifiée entre les côtés anglophone et francophone. De cet immense boulevard part une multitude de voies arpentant la bourgade et ses méandres. Là où le bât blesse, c’est que bon nombre d’avenues et de rues partent d’Est en Ouest de part et d’autre de Saint Laurent, créant de fait d’innombrables doublons. En d’autres termes, le 3700 Ouest de la rue Sherbrooke ne se situe pas vraiment à proximité de son homologue oriental.
  3.  il n’y a que 17% d’anglophones. Personne ne me croit mais ce sont les chiffres officiels.
  4.  Sur Montréal plane une fragrance composée d’odeurs de sucre chaud, de bois (les maisons) et de … marijuana. Mais généralement, ces délicates effluves sont largement surpassées par des émanations de bouffe.
  5. Les Montréalais ne sont pas forcément bilingues, vous avez même plus de chances de rencontrer quelqu’un qui ne parle que français (37%) que quelqu’un qui vous parlera uniquement en anglais (10%). Et Ouai.
  6.  Au Canada, les écureuils remplacent les pigeons. Et paraîtrait que les ratons laveur fouillent vos poubelles.
  7. Jusqu’ici, aucun caca écrasé, étalé, moulé sur le trottoir. Nada, que dalle.
  8. Au milieu de Montréal, vous avez La Montagne qui est … une vraie de vraie montagne. On y trouve un parc boisé, deux belvédères, un lac et une vue imprenable. Cet îlot de nature fut aménagé en 1876 par Frederick Law Olmsted, paysagiste de Central Park, New York. Vous voilà prévenus.
  9. Montréal possède quatre lignes de métro dont ses habitants se galvanisent sans relâche. Une verte, une bleue, une orange et une jaune. Plus un réseau foisonnant de bus et de trains de banlieue. Et n’allez pas balancer à un Montréalais que sa ligne jaune n’a que trois pauvres stations, il risque d’être moins poli qu’à l’accoutumé (et ne pas vous demander comment ça va vous)
  10. Parce que oui, le montréalais demande toujours comment ça va par chez vous. Surtout les serveurs, qui seraient capables de couper des doigts à coup de dent si les 15% de pourboire réglementaires ne sont pas sur la table. Et ils se gardent bien vous informer qu’il y a aussi la possibilité pour le client de ne raquer que pour 10% du tip. Sont pas fous non plus.
Publié par : MarieMag | 1 mars 2012

Good day, Bad day, douloureuse immigration…

S’établir sur un autre continent engendre des règles inconnues, synonymes d’innovation, de challenge. Ca fait drôle, tout cet inédit qui t’embrasse, ces nouvelles manières qui t’éclaboussent. De manière générale, le processus d’intégration prend du temps, s’invite dans ta vie avec force et fracas. C’est un fait, l’être humain n’adhère pas à la notion de changement.

Alors pour faire bien, on tente d’allier passé et présent, de mixer les cultures autant que faire se peut tout en faisant montre d’un optimisme patient argumenté par des « ca va venir » poussifs. Pourtant, si je n’ai qu’un conseil à donner, c’est celui-ci : si toi mon ami, tu décides de partir loin de ta patrie, prends ton temps pour créer ta nouvelle maison car tu n’as pas le choix, le temps fait les choses à sa façon sans se plier à tes exigences.

Sans déconner, l’exil appartient à la catégorie des expériences « hardcores ». 30% des immigrés lâchent l’affaire et rentrent au bercail pour cause d’incapacité inhérente à toute personnalité de lâcher prise. Et pourtant, tes débuts semblent magnifiques. Tu prends tout pour acquis, te sens indestructible, penses pouvoir surmonter l’insurmontable, toi l’immense Achille sans son talon.
Et puis un jour quelconque, une ampoule s’allume et te grille la rétine, te décalque la face. Mercredi mais qu’est ce qui m’a pris de venir dans ce pays de fous, où les gens se tutoient, les lignes de métro sont des couleurs et les prix ne sont pas les vrais ? Tu veux une ratatouille avec du jambon, revoir ta mère et l’appart que tu as perdu. Il neige trop, la glace glisse et les leggings coupent la circulation de ta vie. Et puis surtout, tu as un sacré mal de chien à situer les québecois quelque part. Ni des canadiens, ni des américains, encore moins des français. Ces énergumènes là parlent ta langue sans que tu la comprennes, te font des blagues marrantes… ou pas! Non franchement, tu n’es plus toi. Et chaque avion dans le ciel de te rappeler que ta mère patrie est suffisamment loin pour que tu ne puisses la rejoindre d’un coup de train.

Une nuit plus tard, tu retrouves ta bonne humeur sans comprendre. Ton bagel du matin te fais entamer ta journée avec brio, l’accent chantant du Québec te monte à la tête et tu ne peux qu’exprimer ta joie bruyamment devant toute cette aveuglante poudreuse accumulée durant la nuit. Mais alors quoi, les voyages forment la jeunesse et rendent bipolaire ? Peut-être certains auront-ils cette malchance. Mais pour la majorité des autres, il ne s’agira que d’un passage obligé dans la vie d’un immigrant qui a choisi. Après la lune de miel s’invitent désillusion, noirceur et désespoir, le tout agrémenté d’instants fugaces de lumière. Il suffit de tenir, avoir conscience que l’état de trouille passe et que la vie s’écoule bien trop vite pour se la gâcher. Tenir le bon bout. Et ne pas lâcher la ficelle sous prétexte qu’elle te brûle les empreintes digitales. Car sous les stigmates, elles n’iront nulle part.

NB: Et sinon, tu peux trouver de l’aide sur immigrantquebec.com

Publié par : MarieMag | 28 février 2012

Tuesday Cliché #1: Il fait très froid à Montréal

Chaque mardi, je décortique pour toi un cliché collé à Montréal et à ses environs, un petit quelque chose que l’imaginaire collectif superpose à la réalité, facilitant de fait la perception d’une identité nationalisée. Au fait, paraît que les français puent.

Vrai… mais pas tout le temps

Au Canada, une vague de froid s’abat sur toi… l’Hiver. Pour sûr, l’Amérique du Nord est grande et ne fait pas les choses à moitié. Canada-Sibérie, même combat: voilà un vrai froid de conte de fée, celui que Vivaldi expose dans ses quatre saisons, un froid qui glace le sang, givre ta petite goutte au nez et tue in fine. Pourtant, fait incroyable, l’hiver polaire rassure l’extrême majorité des québecois.
Arrivée depuis 10 jours, j’ai débuté mon expérience avec un temps exceptionnellement beau et des températures positives. Dans la rue, les gens ne parlaient que de cette consternante constatation. Où va-t-on si l’hiver canadien n’est plus ? Car c’était bien de cela qu’il s’agissait. Sortir et avoir les joues qui picotent s’instaure rapidement comme une routine fort familière. Supprime cette simple donnée et c’est toute une organisation bien rodée qui s’écroule.

Car à Montréal, tout dépend totalement de cette période d’hibernation. Les industries s’endorment, les baux suivent tranquillement leur cours (les déménagements sont légion le 1er juillet), les cabanes à sucre carburent, les boissons chaudes brulent et les déblayeuses se bousculent au carrefour. Par -20°c, les enfants sont tirés sur des luges, les panneaux « attention chute de stalactites » s’arment de courage et les chiens de traineaux s’éclatent. Quant à nous, eh bien on apprend doucement mais sûrement à construire un igloo, marcher sur la glace sans trébucher, accumuler les sous-couches et les dates de la saison de Hockey. Bref tout roule.

Bien sûr, il y a des accidents de parcours, en témoigne la tragédie touchant une famille dont un gamin a été happé par un chasse-neige. Ou encore cet homme mort écrasé sous les décombres d’un igloo. Mais pour nous autres, européens traumatisés par de ponctuels et inopinés intempéries subversifs, c’est un peu les jeux olympiques tous les jours ici. Je vous laisse, j’ai cours de luge.

Publié par : MarieMag | 27 février 2012

Dujardin, mon Loulou

Ce soir tu m’as vendu du rêve, Jeannot, franchement. Je crois même que tu as redonné un peu d’espoir à tous les boloss faussement comiques de la France entière. Entendons-nous bien, loin de moi la terrible idée de te traiter de raté ou quel que soit le terme s’y apparentant. Le fait est que tu as débuté ta carrière avec un groupe de mecs marrants mais sans plus, inventant par la suite l’archétype du surfeur peroxydé et débile devant un Laurent Boyer hilare.

Avant de casser Brad Pitt, Gary Oldman et George Clooney, t’as réparé des serrures. Avant d’honorer la mémoire de Gene Kelly, tu ressemblais à un cake. Sans mentir Jean, t’es un grand, un monsieur respectable qui ne se prend pas la tête. Un mec sans histoire qu’une génération d’acteur doit jalouser, Bruno Salomone en tête.

Alors certes, le concept de The Artist a fortement contribué à ton succès. Sans minimiser l’énorme travail de mise en scène de ton Hazanavicius de patron ni ton indéniable génie animant la pantomime, il semble avéré que l’orchestration d’un hommage ostentatoire à un cinéma hollywoodien révolu ne pouvait qu’enthousiasmer une Amérique embourbée dans son 7ème art moribond.

Mais qu’importe, tu nous as fait rugir, sauter de plaisir, crier notre fierté, acte qui, force est de le constater, demande beaucoup d’efforts ces temps derniers.

En ta qualité de mec plus gaulois qu’Astérix et plus glorieux que Depardieu, je peux maintenant te l’avouer: Ah que je t’aime.

Publié par : MarieMag | 25 février 2012

Intrépide nostalgie…

Parce que c’est le Week-end (et que ce soir, y a la Nuit Blanche à Montréal !), privilégions un souvenir commun plutôt que de longs discours. Non, je ne pense pas souffrir d’une flemme intellectuelle soudaine. Bon peut-être un brin. Mais je compte sur vous pour intercepter ce message du passé tel une attention toute particulière à nos cerveaux quelque peu entamés par la fin de semaine. Enfants des années 80 de tous bords, vous devriez reconnaître à la seconde ce générique léché d’une série qui fût chère à nos cœurs, j’ai nommé… Les Intrépides !

 

Certains d’entre vous (toi, oui, toi par exemple) pourraient croire que le choix du Québec révèle une légère fainéantise de la part de baroudeurs à la fois curieux et conscients de leurs lacunes linguistiques. L’imaginaire collectif aime à se représenter ce dernier en jeune barbu un peu crade mais cool, avalant de la route et coupant à travers champs ou l’ingénieur informaticien en quête de renouveau. Bref, franchement un choix de facilité le Canada francophone.

C’est là que j’interviens. OUI, la barrière de la langue existe AUSSI entre francophones. Et ici, nulle question d’accents biscornus ou de patate chaude dans la bouche, mais bien de choix de mots. Vieux français, calques, archaïsmes ou prêts linguistiques, piochez ce que vous voulez. Exemple patenté, l’anglicisme se voit rejeté sans retenue  par les caribous, dans un monde où le français est aimé, chouchouté, cajolé. Pourtant, et c’est là tout le paradoxe, vous n’entendrez certainement jamais un québecois corriger le français d’un anglais et vice versa. Au diable syntaxe, grammaire et conjugaison, l’important étant de se faire comprendre.

En outre, si l’anglais n’est que peu apprécié (rares sont les francophones unilingues mais ils existent), les traductions littérales issues de celui-ci sont légion. En témoignent les mots tels que Char (Voiture, Car), éniwai (de toute façon, anyway), Robeur (pneu, Rubber) ou encore Sloche (neige mélangée à un déglaçage ou gadoue,  Slush)

Trêve de blabla, place à la grosse marrade avec ce petit espace ludique. 10 mots québecois, à vous de deviner que veut dire quoi. Et pas de triche genre easy j’habite Montréal/je suis mariée à un Québecois/Y a mon ami gogole qui m’appelle. On réfléchis deux secondes et on devine comme un grand. Sinon, ne vous étonnez pas de vous retrouver Gros-Jean comme devant.

1- Sucette: suçon (et suçon veut dire sucette!)

2-Foufounes (hihi): les fesses…

3- Niaiser: taquiner genre j’aime bien t’niaiser toi

4- Gosses: je crois que tout le monde le sait

5- Dédaigneux: ne pas boire dans le verre d’un autre

6- Crouzer: draguer

7- Wack: un cri (je t’ai poussé un de ces wack!)

8- Branler: hésiter, être instable (logique)

9- Turlutte: une chansonnette entrainante.

10- Bienvenue ! De rien (you’re welcome… et là vous dites haaaaaaaa wouaiiii)

 

Bref, pour un peu on se croirait dans le monde des sorciers d’un certain HP.

Publié par : MarieMag | 23 février 2012

Vis ma vie à Hochelaga, Montréal

Vous le croyiez sorti tout droit de mon imagination fertile, et pourtant le voici en bois et en brique, mon cher et tendre… APPARTEMENT. Tour du propriétaire !

Situé 3670 rue Hochelaga, ce magnifique 5 1/2 comme on dit ici (4 pièces en réalité) se la joue petit miracle. Hyper lumineux, dans un quartier tranquille mais fort sympathique, à 10 marches du métro (et CA c’est une véritable aubaine par -30), meublé du sol au plafond, bref, notre chez nous est tout bonnement parfait (sans rire). Et tout cela pour la modique somme de 450 dollars par mois tout compris (internet, chauffage, eau, électricité)!

Le quartier Hochelaga-Maisonneuve est catalogué espace « craignos » à Montréal. Cependant, si l’on considère déjà que le « craignos » d’ici n’a rien à voir avec le craignos du vieux continent (cela désignera un environnement plus pauvre et non une zone à risque), il est en outre important de souligner une différence non négligeable en matière d’évaluation des distances.
En d’autres termes, le Canada est grand. Très grand. Et ses rues sont à l’image de sa grandeur (comme ses pots de glace, ses roues de voitures et ses bedaines, mais j’y reviendrai plus tard), longues. De fait, habiter au 3670 ne signifie pas la même chose que vivre au 4567. Pour avoir présentement (voilà un mot que les québecois adorent) bouffé mes semelles entre ces deux points, je peux vous certifier que 20 minutes à pied les séparent soit… une station de métro. Oui, cela dépayse un brin.

Bref, s’il ne faut retenir qu’une chose, c’est celle-ci : j’ai eu beau chercher, impossible de trouver un dealer d’aspirine ou de crème nivea. Badant toute cette sérénité je vous jure.

(Merci à Coco pour les photos de l’appart, ayant moi même été atteinte d’une flemmingite aigüe)

Publié par : MarieMag | 22 février 2012

Les conseils valise de Tata Mariette

Quand on part à l’aventure, mieux vaut s’informer ça et là plutôt que de s’armer d’orgueil. En vérité je vous te* le dis, Le guide du routard sera ton fil rouge, bible quasi-séculaire permettant à quiconque de palier aux impondérables. Moi, tata Mariette, je vais te donner 10 bidules totalement dispensables mais nécessaires à esquicher dans tes valises. Il n’y a pas de « mais, je suis un garçon », Mylène arrive très bien à jongler avec l’ambiguïté, pourquoi pas toi.
1- Des photos de famille, d’amis, de chevaux qui te rappellent pourquoi tu es là.

2- Un doudou. Oui un doudou. Quand tu auras fini de te marrer, tu réfléchiras deux secondes à la froideur d’un lit à 5000 kilomètres de chez ta mère.

3- Quelques livres, quitte à virer un de tes jeans en peau de Mammouth. Christie, Balzac et Salinger, ça fait culturé.

4- Les extraordinaires chauffe-mains/chauffe-pieds de Décathlon. 10 secondes de friction et tu contribues à la survie de tes extrémités.

5- Une multiprise française à associer à un adaptateur US. Et si, comme moi, tu te sens sot de ne pas y avoir pensé tout seul, sache seulement que nul n’est infaillible.

6- De petites denrées alimentaires. Pour ma part, j’ai misé sur un sachet de thé chocolat caramel Mariages frères, des bouillons cube or dégraissés et de la soupe déshydratée. Tu dois cependant déclarer le fromage à la douane. Et les légumes.

7- Les ultracools beurres corporels The Body Shop, un peu chers mais au rapport qualité-prix indéniable. A croire que la texture de ces crèmes a été commandée en cas de grand froid.

8- Une clé USB où seront regroupés tous tes scans de documents importants. A ne pas ranger dans ton sac d’ordinateur durant le voyage, évidemment.

9- Un baume nourrissant pour le cuir, à base de graisse de pseudo-phoque ou un imperméabilisant de cet acabit. Parce qu’au Canada, c’est pas la crotte du petit Zizi (check!) de Madame Mouffetard qui esquinte nos chaussures, mais l’Ostie de sel flanqué sur les trottoirs, Tabarnak.

10- Un verre rétractable. Oui oui. Le deuxième truc de dingue pour briser la glace en soirée, après la cigarette à clip : – « tu veux un verre ? » « -Pas la peine j’ai le mien. » – « quelle classe ! » Tu peux aussi laisser l’objet au fond de ton sac et ainsi, te faire offrir un godet par un aimable bucheron canadien. Ou une bucheronne.

*NB: Tu remarqueras, bon et noble français, mon usage quelque peu familier de la 2ème personne du singulier. Car au Québec, le tutoiement est un passage obligé durant l’imparable période d’adaptation. Dire « Tu » à un inconnu est vu comme un signe de respect. Le vouvoiement aura pour effet, au mieux de te ranger illico dans la catégorie « étranger », au pire d’offusquer ton interlocuteur par ta condescendance. Voilà qui est dit.

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