Publié par : MarieMag | 1 octobre 2012

Critique : Muse, « The 2nd Law » a du coeur

Enfin, après des mois d’attente, The 2nd law, sacro-saint sixième album du trio rock anglais le plus célèbre de sa génération nous fait l’immense honneur de se révéler. Notre patience, mise à rude épreuve par les extraits diffusés ça et là durant l’année, se voit finalement récompensée.

2nde 14, 2001. Blonde adepte de décolletés plongeants et vulgaires compensées vernies, je tombe amoureuse de mon jeune et ténébreux prof d’anglais. Drôle et pédagogue, cet énergumène sorti de nulle part nous apprend la langue de Shakespeare en musique. Et quelle musique ! Radiohead tout d’abord, à travers le plus mythique de tous leurs albums, OK Computer. Et puis arrive un deuxième ovni, une chanson absolument détonante et explosive. Telle une vague de lave en fusion, New Born m’engloutit toute entière. Origin Of Symmetry me happe, Muse me harponne. Du haut de mes 15 balais, c’est comme si mes oreilles, avides de Mozart (!), James Horner, John Williams et Queen avaient trouvé leur maître.

Alors, forcément, je me devais d’attendre de pied ferme la dernière folie de mon groupe adoré. La bande annonce sortie avant les JO m’avait pourtant un brin déconcertée, voire inquiétée. Le militantisme anticapitaliste qui en dégouline frôle la caricature. Ne serait-il pas un peu trop mode à mon goût ce nouvel opus ? Que nenni. Voix suave et sensuelle de Matthew Bellamy, rythmes ésotériques et musicalité ambivalente, ce sont bien eux. On ne peut passer ni à coté de la culture classique de Bellamy, ni de son besoin intempestif de mélanger les styles.

Si Survival demeure finalement la chanson la plus commerciale de la compilation, son statut d’hymne officiel des Jeux Olympiques de Londres l’excuse (ouf!), 2nd law se lance dans de nouvelles découvertes, conservant pourtant intacte l’âme indicible du groupe. Muse remercie la génération années 80 qui a portée ses membres jusqu’au sommet de la gloire. Le Dubstep prend le pas sur les solos de guitare, délaissant l’influence des élans lyriques au profit de celle d’une nouvelle musique de film promue par Hans Zimmer, John Williams & co (Unsustainable et Isolated System). Les thèmes usuels, déclin de notre société ingrate qui dilapide les richesses et univers voué au chaos en tête, mènent une danse électronique bien rodée et parfaitement exécutée par de vrais instruments.
Et puis, un peu comme pour partager ses nouvelles joies (sa récente paternité, son bonheur conjugal avec Kate Hudson), Bellamy offre quelques ballades, tranquilles berceuses (Explorers) menées crescendo par les battements du cœur de son nouveau-né (Follow me).

Certains morceaux s’éloignent ostensiblement du fil rouge que l’on connaît si bien. Save me et Liquid State désarçonnent totalement un auditoire averti. Et pour cause, les deux titres sont composés et interprétés par Christopher Wolstenholme, bassiste du groupe, et traitent de son grave problème d’alcoolisme, récemment vaincu. Une première pour Matt Bellamy, leader,  plume et voix experte de Muse depuis 12 ans.

Bilan : Assurément, le groupe british ne tremble pas encore d’être englouti par un succès trop souvent fatal pour l’originalité. Trois ans après The Resistance, œuvre musicale ambiguë, modérée et provocatrice de scissions au sein des rangs fanatiques, Muse revient avec du rock en poche, un rock bruyant et désinvolte, raffiné et contrôlé, représentatif d’un Band ardent défenseur d’une musique hommage et singulière. Un son en phase avec leur identité, idéal pour l’acoustique des stades bondés que le groupe embrase avec sensation.

M.P

N.B: Initialement prévu pour décrypter mes déboires au Canada, ce site est en pleine restructuration 🙂 Suspens !

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Publié par : MarieMag | 1 août 2012

L’appel à la défense de Batman [SPOILER]

M’ssieurs dames qui n’avez pas encore eu la chance de voir The Dark Knight Rises, abstenez-vous, par pitié, de réduire à néant le travail d’un metteur en scène qui, soucieux de votre bien-être, se sera décarcassé pour créer du suspens. TOTAL SPOILER !!!

 Lecteur, mon cher ami, peut-être te trouves-tu perdu devant l’intitulé de ce post. Du cinéma sur ce blog ? Batman serait donc québecois ? Laisse-moi un peu t’expliquer ma démarche avant de me zapper, tu veux-tu ?

Ta perspicacité t’honore, ce blog n’est pas un espace dédié à la cyber-cinéphilie mais bien à l’innocente découverte des terres lointaines et sauvages que les copines de Pocahontas ont jadis foulées. Mais aujourd’hui, l’heure est grave. Certaines MademoiZelles (que j’adore néanmoins) semblent obstinément décidées à détruire l’épilogue d’une trilogie mystique, j’ai nommé un certain The Dark Knight Rises. Un titre un brin ronflant que tes oreilles ont entendu à quelques reprises récemment.

Résolument convaincue qu’une critique constructive vaut tous les débats du monde, je ne peux me résoudre à laisser Batman se faire laminer comme ça sans le défendre (et je ne suis pas la seule). Déjà parce qu’il ne nous a rien fait. Ensuite parce qu’il prend déjà bien cher dans le film, peuchère ! Ainsi donc, ces demoiselles se font un malin plaisir de détruire notre bien aimé homme masqué en 23 points marqués et prétendument argumentés ? Moi je dis BULLSHIT ! … pour la majorité des points.

1- Marion Cotillard meurt mal ? Difficilement réfutable. Sans aller jusqu’à dire qu’elle joue mal (ce qui est presque le cas quand même), sa mort ressemble à s’y méprendre à ça :

La jeune fille a par ailleurs déjà droit à son petit giff animé. De là à mettre la faute sur Chris Nolan, c’est pousser mémé dans les orties. Une bonne actrice se doit de savoir mourir, surtout quand on a un oscar sur sa cheminée, non ? Finalement, utiliser son mois de vacances pour aller tourner De rouille et d’os avec Audiard n’aura peut-être pas aidé à la concentration pour son rôle de Miranda Tate…

2- La Pire baston du monde sur la passerelle ? Peut-être n’avons nous pas vu le même film. Parce que ce face à face quasi-silencieux m’a transportée. Nolan réussit en quelques minutes à nous montrer le désarroi d’un Batman à l’agonie face à un ennemi dévoué à sa cause. Le parfait alter-ego. Là où le Joker a battu notre chouchou par le mental, Bane le démonte au sens propre du terme. Jojo s’attaquait au cœur, Baba s’attaque au corps. Et d’offrir à Bruce ce qu’il souhaite presque consciemment, sa plus mémorable défaite. Une manière un peu brutale mais somme toute efficace d’apprendre à se relever.

3- Le pire quadruple-twist du monde ? Vous voyez des Twists, je vois des rebondissements… No comment donc.

4- Le pire ostéo du monde. Je l’attendais celle là. Se faire remettre une vertèbre avec un coup de poing dans le dos et une corde n’est certes pas la méthode idéale mais Dr House était sûrement occupé ailleurs. C’est un film. Tiré d’un comics avec un bonhomme qui porte une cape pour sauver une ville qui n’existe pas. Et si vous voulez pousser le vice à chercher du médicalement incorrect, le cas Harvey Dent est du pain béni. La moitié du visage à vif sans mourir d’une septicémie, d’une attaque cardiaque ou d’un quelconque choc septique, c’est louche.

5- Le meilleur tour operator du monde. Deux choses. Tout d’abord, les ellipses sont de merveilleux outils narratifs qui suggèrent des actions que le film n’a pas le temps de montrer. Donc on présume que Brucy a trouvé son chemin. Deuxième chose, Bruce Wayne, milliardaire et justicier masqué, serait capable de faire voler un chameau avec des libellules. Le site Moneymarket situe le coût de la vie de l’héritier aux alentours de 700 millions de dollars par an, une grande partie de ce budget étant alloué à de l’équipement de… « spéléo ». Alors, je ne suis pas sûre que rentrer à Gotham soit une source d’inquiétude pour Mr Wayne. Surtout quand il a réussi à sortir d’un endroit dont on ne s’échappe pas, soi-disant.

6- Fight de voix. Comme le dit si bien Bloody Selena dans son article, pourquoi se plaindre aujourd’hui d’une voix qui, par deux fois, a déjà fait ses preuves. Quant à celle de Bane, j’ai moi même émis quelques réserves avant la sortie du film. L’ayant vu deux fois, (version québecoise et originale), je peux vous dire que le doublage made in Québec est le pire. Pour la version originale, je reste mitigée par certains moments, convaincue par d’autres. En définitive, le timbre choisi me semble accordé à ce personnage tonitruant, à son masque, sa démarche, sa détermination. Et puis, je me suis surtout demandée quelle voix aurait pu remplacer celle-ci. Rauque ? Nasillarde ? Dark Vadoresque ? Pas sûre qu’on puisse trouver mieux pour le rôle.

7- La mort d’un immense boss la plus expédiée au monde ? Ils s’étaient déjà bagarrés, là c’était juste la revanche. Et puis, Bane s’avère n’être que le mini-boss, je vous rappelle.

8- Les petits détails qui tuent. Bane détruit une colonne en mode carton pâte. Bane ? Le mec qui démonte Batman au milieu du film ? Le mec qui bouffe des parpaings en guise de céréales du matin ? Bon. Et si vous avez encore quelques réserves, je vous conseille de visionner Le Seigneur des anneaux avec beaucoup d’attention, Peter Jackson a aussi investi dans le papier mâché, qu’importe le budget colossal accordé à sa saga.

9- L’identité secrète la moins gardée du monde ? Dix personnes (Fox, Alfred, Rachel, Talia et son Daddy Raz, Bane, Gordon, Robin, Catwoman plus le rouquin manipulateur du 2ème volet) dont quatre mortes, soit six sur 12 millions d’habitants, je pense que ça laisse une bonne marge de manœuvre. ‘Fin nous aussi on est au courant, mais promis, motus.

10- Le pire médium du monde en la personne de Gordon ? Je sors la carte HUMAIN. Gordon porte derrière ses loupes ce qu’on appelle communément des œillères. Il le répète moult fois, il se fiche de savoir qui est le Batman. Alors, Mr le commissaire ne se pose pas la question, attend que la chauve-souris lui révèle son secret, ou pas.

11- La pire annonce d’un Twist du monde avec le Robin *wink wink* ? Mais ce n’est pas un TWIST ça, crénom ! C’est une petite étiquette qui ne fait que confirmer les soupçons d’un spectateur attentif, à propos d’une information mise en latence tout au long du film. Et à la rigueur, une potentielle ouverture vers un spin-off ou une suite (ce que Nolan ne fera jamais) -CQFD-

12- Le guest le plus WTF en la personne de l’épouvantail alias Cillian Murphy ? Monsieur est tranquillement installé dans sa cellule quand soudain, un certain Bane ouvre les portes de la prison, sacripant ! Allez savoir ce qu’il a pris à cet épouvantail de malheur de prendre l’air comme ses collègues les méchants de seconde zone. Le mystère reste entier.

13- La Perspicacité des petits rôles. Y a pas à dire, vous avez l’ouïe fine pour déceler les choses qui ont leur importance. Waou.

14- Batman et sa trainée d’essence sur la glace. On en revient à Batman et à ses capacités. Oui, Batman réussit là où de pauvres bougres échouent, un facteur inhérent au concept de super-héros. En plus, une combi sophistiquée à outrance ne pèse pas une tonne mais plusieurs millions de dollars. Et puis, son truc sur la glace, je vous le fais avec un pistolet à eau si vous voulez.

15- Les flics dans les égouts. J’avoue, envoyer tout le monde dans les égouts n’était pas vraiment une idée de génie. En même temps, la stupidité des administrateurs de Gotham n’est plus à prouver. Voilà aussi la raison pour laquelle Batman existe. Ensuite, 150 jours dans les égouts, sachant qu’ils ont reçus des vivres (ce qu’on voit brièvement), je dis ELLIPSE. Vous noterez qu’on ne voit jamais personne aller aux toilettes. Et pourtant, même Batman doit avoir besion de se soulager de temps à autres.

16- La fin la plus naze au monde. Je vous cite « Robin, qui quitte la police après tous ces effoooorts pour aller faire ON NE SAIT QUOI dans la Batcave (probablement sniffer les slips de Bruce) (comment trouve-t-il le chemin ?)  »
Vous avez peut-être préféré retenir le Robin *Wink Wink* au détriment du but de la scène, mais le Robin en question donne ses informations personnelles à la dame (qui dit « Robin, c’est sympa *wink wink* » donc) afin de récupérer un sac qui lui revient après lecture du testament de Bruce Wayne. Et de ce sac dépasse un papier avec des… coordonnées ! Voilà voilà. Quant à Batman, ce dernier a pris sa retraite en charmante compagnie, comme lui avait suggéré Alfred. Conseil pour plus tard, si votre substitut de père vous croît mort et se sent coupable, faites lui un petit signe charitable, soyez pas brute.

17- La fin la plus frustrante du monde ? Bane mort, Bane troué, on s’en fiche un peu. Mais Bane amoureux et Bane en pleurs, face à un Batman triomphant qui a réussi ce que le mastodonte a raté, c’est plutôt sympa comme ascension.

18- Le film sans arme ? « Avez-vous déjà vu ? » Batman avec une kalachnikov. Sérieusement, combien de scènes cruciales sont exaspérantes de blablas intempestifs? Remplies de je t’aime/tu es revenue pour moi c’est magnifique inopinés ? James Bond aurait pu mourir 50 fois si les méchants n’avaient pas été aussi bavards. Sans compter qu’avec des si, Luke aurait décidé d’ élever des chèvres intergalactiques sur Tatouine au lieu de sauver son monde, Doc aurait détruit sa Delorean à la fin du premier volet et Frodon serait resté dans sa comté chérie. Et je vous aurais laissé passer ça. Mais non.

19- Liam Neeson revient et le scénario est en corrélation avec celui de Batman Begins. Juste une question de point de vue. Bloody Selena s’étend plus que moi sur le sujet.

20-Bruce Wayne, le roi de l’incognito. « En gros, c’est comme si feu Steve Jobs prenait un café en terrasse à Florence, à la fraîche avec sa gonzesse. IN-CO-GNI-TO je vous dis. » Probable que je ne reconnaisse pas Steve Jobs à la terrasse d’un café. Et je travaille dans le web… Bon ok, je suis un peu de mauvaise foi car je connais sa tête. Maintenant qu’il est mort.

21- Alfred qui vient pleurer sur la tombe ? Voir l’histoire du père de substitution en n°16

22- Le vaisseau le plus rapide du monde ? Je vais alimenter votre plaidoirie. Non seulement Batman fait sauter une bombe atomique à dix kilomètres de la ville en dix secondes, mais il attend le dernier moment pour s’éjecter puisqu’on le voit dans le cockpit à 4 secondes de l’explosion. Seulement voilà, c’est Batman. C’est lui le plus fort.

23- Pourquoi cette prison, pourquoi POURQUOI ? Bane l’explique gentiment à un Bruce fourbu suite à la baston de la passerelle. Une prison qui nourrit l’espoir vain dans un trou n’a pas besoin de barreau. On peut pousser la chose plus profondément et se dire tout simplement que Bane, à l’image de Batman, fait revivre ses plus profondes peurs à ses adversaires. Et puis pour Thalia, la théorie de la petite fille seule dans une prison d’hommes désespérés et violents de Selena tient la route, je crois.

Conclusion :

La magie du 7ème art, c’est de nous embarquer vers de sibyllines utopies, d’inonder notre cerveau de parcelles d’informations qui, mises bout à bout, forment la trajectoire d’une cohérente réflexion. cependant, chercher la petite bête ne fait certainement pas l’objectivité d’une critique. Chères demoizelles, vous dites cette œuvre ratée pour toutes ces petites choses incongrues qui, au final, selon moi, ne pèsent pas lourd dans la balance face à une ambiance, une présence, une musique et/ou une mise en scène performantes !

Une dernière chose. Lorsqu’un évènement culturel et marketing si minutieusement préparé fait la une, il ne peut n’y avoir aucune déception. L’ampleur du discours promotionnel est proportionnel à l’attente,  provoquant de fait une mise sous pression inévitable. « Nous attendions une montagne, nous n’avons qu’un monument. » dira une internaute au journal 24h. C’est un peu de cela qu’il s’agit. Reste à nous, humbles spectateurs, de faire la part des choses. Et de dissocier marchandise culturelle monnayée par un tapage médiatique obligatoire et prouesse artistique due au réalisateur qui aura atteint son ultime but : nous éblouir.

Publié par : MarieMag | 24 juillet 2012

Tuesday Cliché #3 la mode montréalaise serait donc folle ?

Chaque mardi, je décortique pour toi un cliché collé à Montréal et à ses environs, un petit quelque chose que l’imaginaire collectif superpose à la réalité, facilitant de fait la perception d’une identité nationalisée. Au fait, paraît que les français puent.

Oui oui!

Ici, rien n’est vraiment affaire de mode. Tout est question d’amour de soi et de ce que l’on porte. Qu’il s’agisse de confort ou de style, chaque individu semble agir selon ses propres raisons et ses propres convenances. Je ne vais pas aller jusqu’à prôner une liberté totale régissant tout ce petit monde. Mais presque.

Montréal possède sa propre mode. A dire vrai, chacun fait sa vie et se fout royalement du regard des autres. Du moins c’est l’impression que les gens donnent. Sans généraliser à outrance, on peut déclarer sans risque que les québecois n’ont pas peur du ridicule. Bon j’avoue que le legging à toutes les sauces (couleur chair sur fessier rebondi c’est toujours le must) et le pantalon de pyjama en extérieur dépassent un brin les limites de la décence. La coupe inopinée des chemises « cache-culs » (comprendre long derrière, archi-court devant) et les associations liberty/écossais mériteraient le bannissement éternel vers la friperie de l’au-delà.
N’empêche. Le cheveu vert émeraude fait son petit effet sympa sur une tête bien faite et un look grunge/pop. Sans rire, les tignasses bariolées des petites meufs éclaboussent nos bien mornes trajets souterrains et tachent nos rétines pour le plus grand bien de nos quotidiens. Ici, le fameux tatouage (has-been par chez nous) fait fureur, de même que les écarteurs, ces choses un peu désuètes qui transforment les lobes d’oreilles en flasques trous béants.

Passion ultime pour certain(e)s, facteur d’oscillation sociale pour d’autres, la mode n’est pas un vulgaire artifice de la vie courante. Je dirais même plus, elle s’apparente souvent à un langage du collectif que chacun choisira d’ignorer ou de suivre à sa guise. En bonne parisienne d’adoption, je subis consciemment et pleinement l’influence de la tendance du moment sur la capitale de notre patrie chérie.
Paris darling, c’est le in sous toutes ses formes, là où la tendance perd toute crédibilité dès lors qu’elle attire les sympathies de la plèbe, ou l’art de la toilette n’a rien de frivole (déconne pas c’est du sérieux la mode), où l’engouement crée le dénouement et où les fashion weeks seront bientôt jours de chôme. A Paris, même le contre-courant s’instaure modèle à suivre. Que tu le veuilles ou non, que tu sois apte à le reconnaître ou pas, c’est un fait : Paris engloutit insidieusement ton âme d’enfant et ce, avec allure.
Alors vivre à Montréal après ça, c’est choquant, transcendant, étonnant voire libérateur. Je ne sais pas vous, mais personnellement je sortirais bien avec un string léopard fluo au dessus de mon jean troué.

PS: Nouveau merci à Tom Buzz,baroudeur de l’extrême, chasseur de chasseur de non-tendance pour la photo d’illu :)

De petits carrés rouges épinglés sur des chemisiers transparents flottant sur la Croisette, les mots « printemps » et « érable » associés au journal de 20h, une symphonie de casseroles au crépuscule… Ami français, peut-être commences-tu à percevoir quelques éclats de voix teintés de l’irréductible accent québécois de ton coté de l’Atlantique. Ou peut-être pas. Pour sûr, l’information a pris son temps pour arriver jusqu’à vous. En tout cas, sache qu’ici, nous, on douille.
Mais de quoi diable suis-je donc en train de te parler ? De la révolution québécoise qui fait actuellement rage pardi, ou comme diraient nos chers potos journaleux, du Printemps érable.

Mais que se passe-t-il ?

Voilà maintenant plus de 100 jours que les étudiants de la Belle Province ont déserté les amphithéâtres et luttent avec acharnement contre le gouvernement en place. L’état de frénésie dans lequel le Canada patauge actuellement marque un tournant dans l’histoire du pays. La raison ? Le refus d’une hausse aberrante des frais de scolarité.  + 82% en 7 ans, soit 2168 à 3946 dollars canadiens. Outch.
Depuis février, les manifestations sont quotidiennes, les arrestations musclées légions, les coups de matraque assidus et vigoureux. La paix sociale est définitivement rompue. Et crois-moi, ce ne sont pas des termes utilisés à la légère. L’euphorie estivale laisse place à une inquiétude qui enfle à mesure que les heures s’écoulent. Et au train où vont les choses, la situation ne peut que s’envenimer.

Le CPE ? Une petite réunion Cgtiste à coté de ça

Jusqu’à présent, le Québec pouvait se targuer d’être une région où l’égalité des chances était une réalité, où étudier n’était pas un privilège mais un droit. Le droit le plus abordable du Canada de surcroît, puisque la province de Québec réclamait les frais de scolarité les moins élevés du pays entier. Un peu comme nous finalement (oui, je suis une fille optimiste), il misait sur une jeunesse éclairée pour porter l’avenir.
Assurément, l’affection séculaire pour les grandes études commence à s’étioler. Le besoin d’argent se fait ressentir. C’en est assez, il semble désormais temps pour les étudiants de se saigner aux quatre veines pour s’instruire, à la manière des contrées anglophones environnantes. L’hexagone en parle depuis un bail sans légiférer la chose par peur de réveiller une bête sauvage et incontrôlable. Le service public québécois ne s’embarrasse pas d’une quelconque opinion populaire. Après tout, ce ne sont pas d’insignifiants morveux shootés à la Marie-Jeanne qui vont dire comment qu’on fait la loi tabarnak.

Ambiance, ambiance…

S’il y a un truc qu’il faut bien comprendre, c’est que notre bonne vieille culture de la contestation n’a pas son pareil. Le Français moyen semble programmé pour pester, fulminer, se rebeller contre les institutions. En témoigne la réputation indécrottable de chieur-né qu’il se coltine à travers le monde. La voix du peuple gaulois aime à se faire entendre, tel un contre-pouvoir qui s’implique avec véhémence. Et l’Élysée de savoir gérer les situations de crise, à force de les vivre. Par chez nous, une foule docile est une foule agonisante.
En Amérique du Nord au contraire, le droit de grève connaît une crise idéologique depuis le XXème siècle. Il n’a en outre aucune protection constitutionnelle même s’il demeure explicitement protégé par le droit d’association et inscrit dans le Code du travail. En d’autres termes, il n’est que parcimonieusement utilisé comme moyen de pression.

Aujourd’hui, le pavet semble reprendre son droit d’être foulé pour une cause libertaire. Le 22 mars, soit près d’un mois après le début officiel de la révolution étudiante (car c’est bien de cela qu’il s’agit), Montréal connaît la plus dense manifestation de son histoire avec un cortège comptant approximativement 200 000 individus. Après moult pourparlers et autres demandes de retour au calme, les autorités réagissent, enfin, en acceptant la démission de la ministre de l’éducation Line Beauchamp. Et de promulguer une nouvelle loi, la loi 78, le 18 mai dernier. Celle qui dit que manifester, c’est mal, et que si ces enfoirés d’adulescents peace, shit & love ne rentrent pas leurs étendards braillards illico, les méchants viendront violer leurs femmes et égorger leurs nourrissons. En gros.

La loi spéciale, on s’en câlisse !

Plus sérieusement, ladite loi arrive vraiment à point nommé. La forêt brûle ? Amorcez les jets de propane, déversez le kérosène ! Pas besoin d’être diplômé de sciences po pour se rendre compte de l’absurdité de la situation. Le parlement a donc promulgué une loi limitant le droit de grève pendant la grève, instaurant d’inédits protocoles, promettant des amendes plus lourdes et des peines plus drastiques à quiconque défilant à des heures indues, insufflant in fine une vigueur nouvelle au mouvement.
Pour couronner le tout, la loi 78 suspend les sessions universitaires touchées par le  « boycott » jusqu’à la mi-août et interdit toute manifestation à moins de 150 mètres des lieux d’enseignement. C’est ce qu’on appelle donner envie de reprendre le cours de sa morne existence.

Voilà comment le Québec prend les choses. En rendant une actualité déjà catastrophique totalement ubuesque. A l’heure où je vous parle, des défilés joyeux s’organisent un peu partout. Armés de casseroles et d’ustensiles de cuisine, étudiants, enseignants, parents, enfants et simples badauds provoquent un joyeux tintamarre, défilent avec entrain sous nos fenêtres. A l’image des marches des « casseroles vides » chiliennes de 1972, les habitants montréalais manifestent leur mécontentement. en soutenant un acte de rébellion sans précédent qui, j’en suis sûre, marque le début d’une nouvelle ère dans l’histoire sociale d’un pays par beaucoup considéré comme discipliné. Le peuple se bat pour exister tel un seul corps. Et ces casseroles, ces carrés rouges, ce sont les tressaillements d’un cœur battant après une attaque.

PS: un gros merci à Tom Buzz, reporter au cœur de l’action, pour la photo d’illu 🙂

Publié par : MarieMag | 30 avril 2012

Le temps qui court…

Salut, c’est moi. Ne fais pas semblant de ne pas me voir derrière ton écran. Je sais que tu m’en veux. Je n’ai pas été très présente, ni à l’écoute ces dernières semaines. Je sais, la publication de mes posts est devenue plus… moins… bref.

Mais non, je ne t’ai pas oublié ! Mais où vas-tu donc chercher ces sornettes à la noix ?! Mais… mais pas-du-tout, je… me lasser de toi ?! JAMAIS. Certes ma nouvelle vie m’accapare mais ce n’est qu’une question de sabliers retournés pour que je revienne à mes premières amours, tu le sais bien. Allé, ne fais donc pas ta tête, j’aime pas quand tu boudes.

Pour ma défense, entre mon créneau 8-16 scrupuleusement respecté par la pointeuse, le décalage horaire, les crémaillères, les anniversaires, la recherche de travail et le bénévolat, je ne sais plus comment gérer mon temps. Le taf et le sommeil engloutissent à eux seuls 15 de mes insignifiantes 24 heures. Et voilà 2/3 de mes journées exclusivement réservés à de l’indispensable. Ne restent que 630 petites secondes pour cumuler tout le reste.

De toi à moi, plus de deux lunaisons sont passées et c’est comme si un paradoxe temporel s’était emparé de ma bulle. Le temps court après moi. Et pourtant, j’ai la vague impression d’être ici depuis des lustres.

L’ennui me manquerait presque. Je prends un retard monumental sur mes séries, l’actu ciné, même les sagas littéraires adulescentes ne restent que désespérément entamées.

Pardonne moi, je t’en prie. D’ailleurs j’ai un cadeau. C’est presque rien, un pas grand chose, mais je voulais t’offrir ces quelques minutes de détente gratuites qui, je crois, résument bien mon désarroi.

Bisous

Publié par : MarieMag | 1 avril 2012

Vis ma vie d’employée chez Tim Hortons

Comme je te le disais dans mon précédent post, mon évident manque d’assiduité à l’égard de ce blog n’est aucunement à associer à un désintérêt précoce. Du tout du tout. Il m’arrive juste un truc de ouf, de dingue, de malade :

JE TRAVAILLE chez Tim Hortons.

Grand Dieu mais qui est donc ce bonhomme au nom si bucheron t’interroges-tu sûrement, circonspect. Bon déjà, le vrai monsieur Tim Hortons était joueur de Hockey. Mais pour faire court et concis, Tim Hortons, c’est Quick sans ses Burgers et plus de chiffre d’affaire, Starbucks made in Canada, MacDo avec beaucoup de café. C’est du fast food liquide, l’as du petit déj et des donuts bariolés, des cups XL 2×2, 3×3, 4×4 (comprendre x crèmes x sucres), de la vanille française et du Bagel délicieusement toasté.

Là bas, les gens parlent Canada, mangent Canada, vivent Canada. A dire vrai, les Tim Hortons sont à l’image du sirop d’érable, du Hockey et de l’été indien ici : populaires et grands. Avec 3756 restaurants en 2011 sur le sol nord-américain, on peut dire que l’entreprise est plutôt bien implantée. Difficile de trouver un équivalent français. Un Depardieu sans alcool peut-être.

Bref, on m’emploie chez Tim Hortons sur University Street. Une excellente chose pour diverses raisons. Tout d’abord pour la ligne supplémentaire dans mon CV qui dira « ce n’est donc pas une maudite française, incapable et prétentieuse, puisqu’un ‘stie de Québecois l’engage ». Aussi parce que plus en immersion tu peux pas faire. Ensuite parce que cela fait passer le temps. Et puis surtout, parce que par tous les saints, mon loyer ne va pas se payer tout seul.

Concrètement, mon premier mois de pvtiste (Programme Vacances Travail-iste comme on se surnomme) m’a fait dépenser 80% de mes économies. Allez savoir par quel trou elles sont passées. Le fait est que préparer des cafés à la chaine 37,5 heures par semaine à 9,65 $ de l’heure me rend l’existence plus paisible et ce, paradoxalement, malgré le rush permanent dans lequel la Timteam évolue. Sans compter que mes horaires (8-16 du lundi au vendredi l’ami) me permettent franchement d’avoir une vie sociale jusqu’à 22h30.

En somme, je passe le plus clair de mon temps à parler anglais, slalomer entre les mots (parce que crois-le ou non, mais l’anglophone est plus facile à comprendre que le francophone québecois) faire du café, me bruler avec le chocolat chaud, chercher la bonne beigne et le bon bouton sur la caisse, éviter les collisions et distribuer de grands sourires ponctués de « Bienvenue ! »*. Glaçage sur le cheesecake, je m’en reviens tous les soirs avec une grosse dizaine de dollars de tips. Et de toi à moi, finir la journée en jetant par poignée des pièces dans une bouteille de coca coupée, ça rend tout chose.

A tantôt !

* qui veut dire « de rien »

Publié par : MarieMag | 28 mars 2012

Je suis venue te dire…

Que je n’ai pas le temps d’écrire et que cela me désole, franchement. Mais voilà, entre mon SUPER anniversaire et mon boulot tout nouveau tout chaud chez TIM HORTONS (qui aura droit à un post rien que pour lui prochainement), pas le temps d’apercevoir mon écran 1/2 secondes. N’empêche :

– Là à l’instant t, il neige. Soit 26° de différence avec la semaine dernière, le même jour. La semaine dernière, mon beurre américain suait du gras bizarre. Aujourd’hui, mon gel douche fait un bruit de glaçon. C’est tannant quand même là (dire « c’eutannaint quand meum Lo) !

– Tim Hortons, c’est Starbucks en moins cher mais carrément célèbre ici.

Dire d’un travailleur matinal parisien qu’il est blafard/cafard est un pléonasme. Je te rassure, c’est presque la même pour le Montréalais, sauf que lui rigole. Quand tu te brules avec son ostie de café.

– Mon uniforme de travail me fait porter un filet sous ma visière. J’arbore donc désormais de magnifiques cheveux jaunes raplaplas et de magnifiques cernes lilas et ce, avec beaucoup de fierté.

– L’accent québecois ressemble à s’y méprendre à l’accent Chti tavu. Je pense donc agrémenter mes qualifications d’une pointe de cette magnifique prononciation pas du tout vulgaire dans la bouche d’une fille.

– Je ne me suis pas couchée aussi tôt (22h30) depuis… le collège. True Story.

-Tu ne le sais sûrement pas car la presse française semble fort occupée à se soucier de la couleur des sous vêtements de François Hollande ces temps-ci, mais 2/3 des étudiants montréalais sont en grève depuis plusieurs semaines déjà. La raison ? le gouvernement québecois veut augmenter les frais de scolarité de 1625 $ en cinq ans. Et ça ne passe pas.

– Je ne sais pas encore si deux donuts équivalent à 8h de course derrière un comptoir/une caisse/une machine à café/une mop, mais considérant que la vie est une chienne, la valeur compensatoire ne sera pas à mon avantage, j’en mettrais mes ongles (non vernis car Tim me l’INTERDIT) à couper.

– J’ai acquis une rapidité non négligeable en matière de préparation de petit déj’, ce qui fait que, Oh miracle, j’ai pu écrire ce post rapidos. Mais que Oh, malheur, maintenant, je suis à la bourre, donc tchou !

Publié par : MarieMag | 16 mars 2012

Un peu de mathématiques canadiennes

Une chose dont je ne t’ai pas encore parlé, humble lecteur, c’est d’argent. Ouuh le mot tabou pas beau que les Français n’aiment pas prononcer. Au moins, les Canadiens ne se dramatisent pas avec des simulacres de sentiments délicats et pudiques que le Gaulois s’amuse à cultiver.

Mettre la main au porte monnaie prend une place prépondérante dans toutes les vies (exception faite de celles des bonnes sœurs, ermites et autres artistes révolutionnaires). C’est un fait logique qu’on ne peut décemment réfuter. Pourtant, après avoir vécu cinq années à Paris, je n’ai jamais eu la sensation de dépenser autant que maintenant, à Montréal. La ville n’est pourtant pas réputée pour son coût excessif. N’empêche.

Mes journées me semblent ponctuées d’ascenseurs émotionnels désagréables. Au Canada, tout se paie et les prix affichés ne sont jamais les bons. La faute à la culture capitaliste américaine, îlot d’honnêteté perdu dans l’hypocrisie d’un monde moribond (je me marre). Heureusement que la conversion en euros change un brin la donne.

Bref, ici, mon vieux cauchemar de lycéenne renaît de ses cendres, celui où des mathématiques à la con agrémentent mes journées. Acheter des chaussures, c’est rajouter les taxes à la fin. Idem pour la quasi-totalité de la consommation quotidienne. Boire un verre signifie rajouter les taxes + le tip du serveur, lequel qui, sans ce dernier, se verra contraint de monnayer une rançon contre la libération du radin en pourboire. Après un mois d’exil, la formule du rêve américain se déduit naturellement : Ad*=x+15%

J’en arrive même à inventer des jeux, à tester ma propre jugeote. Mes courses au supermarché se résument à éviter la torture visuelle du rayon fromage (incroyablement onéreux), slalomer entre la malbouffe et les OGM pour enfin réussir à remplir la sainte-chariote au rapport qualité-prix acceptable. Et puis, direction la caisse pour le big Boss. L’instant fatidique pour dégainer mon arme ultime, une carte de débit hautement limitée qui, même quand elle paie le total de mes achats (A), me fait raquer en frais de banque. 90 $ de courses plus tard, je peux enfin être fière de moi. Ou pas. Les produits alimentaires de première nécessité n’étant pas taxés (enfin une loi sensée dans cet univers impitoyable), mon ticket de caisse reflétera deux choses: ma capacité à évaluer mes besoins ET ma potentielle prise de poids future car produits taxés (Pt)=produits raffinés (Pr) DONC pas trop bons pour la santé.
Sans oublier l’évaluation systématique du degré de détresse mentale (dM) à l’intant t: dM(t)/10=(Pr x 100)/A. Je te sens circonspect. Alors regarde, exemple, j’ai acheté 60 trucs type confort food sur un total de 75 pièces. Sur une échelle de 1 à 10, je suis à 8 niveau dépression. CQFD.

PS: Sois, sympa, ne montre pas ça à un prof, il risque d’envoyer le démon Mathématicus sur ma pomme.

*American Dream

Chaque mardi, je décortique pour toi un cliché collé à Montréal et à ses environs, un petit quelque chose que l’imaginaire collectif superpose à la réalité, facilitant de fait la perception d’une identité nationalisée. Au fait, paraît que les français puent.

Faux… paraîtrait qu’ils parlent comme nos ancêtres.

La langue au Québec. Voilà toute une histoire ! Peut-être serais-tu enclin à penser que l’expat’ français se la joue feignasse en s’exilant vers la Belle Province. Alors oui, comme tout le monde sait, la région québecoise est francophone et Montréal la deuxième ville au monde parlant notre langue, après Paris. Et en théorie c’est bien pratique.

Mais dans la vraie vie, je te parie 20 billets que ton conseiller de la Banque Nationale va réussir à t’embrouiller le cerveau en deux coups de cuillère à pot avec ses mots, son accent et ses présentemaint qui se pointent à tout bout de chaim… pardon champ. Car qu’on se le dise, si le Québécois se fait comprendre par le Français, c’est surtout parce qu’il le veut bien. Après, tout est question de relativité. Tu comprendras sûrement plus le gars d’ici qu’un Javanais. En attendant, si un Montréalais te demande si tu veux un sac pour tes courses et que t’as la vague impression que le mec t’en veux sans savoir pourquoi, pas de panique, c’est normal ça arrive à des gens très bien.

Selon la légende, le Québecois d’aujourd’hui parlerait comme notre bon vieux poto mégalo Louis XIV. Une information contestée par moult historiens, chaque langue évoluant en toute logique en fonction du temps qui passe. Mais ici, beaucoup tiennent plus au mythe qu’à la réalité. Faut dire que venir tout droit de l’hexagone ne joue pas forcément à ton avantage. Concrètement, le franchouillard est réputé pour sa grande gueule pleine de mots et ses grands airs de Monsieur de.

Rassure toi, l’assimilation des tics de langages se fait plus rapidement que la fonte des neiges. Tout commence par un Okay=Owky (que j’ai déjà, saperlipopette!) nonchalant et peu alarmant. Mais soudain, leu (là), çeu (ça), c’est plate (dommage) et correc’ se retrouvent en fin de tes phrases sans crier gare. Et ta famille de se ficher de ton nouvel accent mi-suisse, mi-belge, mi-raisin, bref, un truc bien d’ici mais toujours de chez toi. Tabarnak.

PS: Tu vas me rétorquer un « mais non » encourageant, mais c’est un fait : niveau écriture et patate mentale, je suis un peu à la ramasse. Je te fais donc mes plus plates excuses. Entre les microbes qui trainent et le cultural choc, je ne sais plus trop où donner de la tête.

Publié par : MarieMag | 8 mars 2012

Interlude musical

Je crois pouvoir lancer sans mensonge ni prétention que la musique me connaît un peu. Un peu, car comme tu le sais, la connaissance est un bien totalement impalpable de par son immensité. Et puis, on ne va pas entrer tout de suite dans le débat philosophique histoire de rester bons amis.
Bref, des Beatles à Muse, en passant par Monsieur Rachmaninov, Britney « awesome » Spears, Florence + The Machine et Joe Dassin (vasy t’as quoi contre Jojo?), j’écoute de tout constamment sans parcimonie et avec outrecuidance (et bim, vla deux mots beaux comme des camions). Ces derniers temps, une petite Québecoise répondant au doux nom de Marie Mai semble prendre un malin plaisir à nous bassiner avec son message de paix « Sans cri ni haine ». Bon, concrètement, la demoiselle conseille à son homme en amour avec une autre de larguer sa cocue de blonde avec amabilité et savoir-vivre. De l’électro-cucu-praliné pur son, un truc pour moi en somme.

Oui j’avoue sans assumer, je souffre ponctuellement d’incontrôlables passions pour tout ce que l’industrie culturelle peut faire de pire (qui a dit Twilight ?! tu sors) donc forcément, fallait que mes oreilles aient besoin d’entendre cette complainte à mesure de trois fois par heure pendant une semaine soit un score de… 504 écoutes, 102 816 secondes, 1713,6 minutes, 28,56 heures. Une journée et quatre longues heures à écouter une seule et même chanson. Tabarouette.

Tu noteras en passant l’extrême créativité qui se dégage de ce clip. C’est kara, c’est oké, c’est Karaoké.

PS: Et si tu veux écouter de la vraie musique, tu peux en trouver ici. Parce qu’il m’arrive d’avoir de bons goûts aussi.

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